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 La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]

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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Lun 10 Oct - 6:16

1) ( Extrait du journal personnel de Barohir Kordaskyan.)


" Lareagan, la Cité Hybride comme je l'appelais. Fherdredd appelait ça "l'élevage d'humains des Enorii" avec beaucoup d'humour noir. Qu'importe. J'y étais. J'avais ordonné à Koïl de reprendre son envol et de m'attendre à la sortie de la ville pour éviter qu'il ne se fasse repérer, ce qui aurait pu éveiller les soupçons. Traverser la ville ne me demanda guère d'efforts. La nuit commençait à tomber et les marchands étaient les seuls dehors, trop occupés à ranger les stocks qu'ils étaient partis chercher en mer.

J'arpentais les rues, guidé par la douce quiétude qui berçait ces murs. Les lueurs dansantes des torches fixées ça et là faisaient penser à de petits feu-follets qui se donnaient en spectacle. Le monde est un spectacle. De tout ce voyage par dessus la mer je n'ai vu qu'un bateau et pourtant, je pourrais écrire des pages et des pages sur le courage admirable de ces marins, trompant leur femme pour la beauté de l'Océan, fils de dieux méconnus qui reposent depuis des millénaires au fin fond des abysses les plus sombres, avançant au gré des vents. Je m'égare mais, je voudrai tant que vous sachiez ce que l'on ressent, quand on se sait que l'on est minuscule, un être éphémère et à la constitution ingrate, vivant dans un monde aux côtés de créatures immortelles, qui ont le temps de vivre et admirer la beauté du monde.
Une vie ne me suffit pas. Parfois je me dis qu'il me faudrait l'éternité pour y parvenir. Ce désir grandi en moi, c'est difficile d'accepter que moi, Barohir, Seigneur de Delenör, puisse être la proie d'un désir si primitif et si immonde...
J'ai besoin de parler aux Enorii. Peut être que leur sagesse pourrait éclairer les tourments qui parsèment les tréfonds de mon esprit égaré.

"




2 ) La prophétie des Brumes 3ème partie.


20 Aneksi 4 312


Barohir se hâtait. Les rues de Lareagan étaient plutôt désertes, ce qui facilitait grandement les déplacements du jeune roi. Au hasard de son chemin, il passait devant une fête de mariage qui battait son plein. "Bénis soient les ignorants" se dit-il, pensant à la menace du Dragon de Topaze et des Sorcières des Tombes. Arrivé de l'autre côté de la cité de Lareagan, il fit face à un poste de garde, où se trouvaient deux soldats, se tenant debout devant une grande porte de bois gravés d'écriture Enorii. Barohir mit sa capuche.

- Halte !! Qui va là ? demanda un des deux gardes.
- Un simple voyageur qui demande à faire son chemin. répondit Barohir.
- Vous ne devriez pas aller par là citoyen. Les Enorii pourraient très bien vous attaquer, ou pire , quelques bêtes sauvages !
- Je ne suis pas un citoyen, mais un simple voyageur. Laissez moi passer.
- Nous sommes dans l'obligation de refuser. Va donc trouver quelque paillasse pour passer la nuit, "Voyageur" dit alors le garde sur un ton horriblement sarcastique.

Barohir sorti quatre pièces d'Or d'une besace qui était accrochée à sa ceinture. A la vue des pièces, les gardes ouvrirent grand les yeux.
- Y a moyen qu'on s'arrange, ou faut-il que je sorte de la cité par mes propres moyens ? répondit Barohir.
- Allez y noble voyageur, que Krÿstólis veille sur vous..

Les soldats de garde sont toujours prêt à accepter une prime. Si vous voulez sortir, ils vous laissent toujours sortir. Si vous voulez rentrer, ils vous tuent. Barohir souriait en sortant de Lareagan. Il n'aimait pas beaucoup cet endroit. Une simple caserne améliorée, c'est ainsi qu'il voyait cette cité, qui malgré tout avait son charme.
La nuit tombait, et il faisait face à la forêt sombre et inhospitalière. Il attendit quelques secondes près de la porte, que Koïl ne tarda pas à pointer le bout de son museau. Il atterri devant Barohir, qui monta sur sa selle et attrapa les rennes.


- Maintenant mon vieux, on va à Feanor. Le plus rapidement possible.


Après de nombreuses heures de vol, Barohir approcha d'une clairière, et vit au loin une étrange lueur qui semblait être provoquée par les rayons de la pleine lune. Il y avait dans l'air une légère brise, fraiche et agréable. Les Terres Enorii étaient proches.
Barohir, sur le dos de Koïl, descendit et atterrit dans une petite clairière. Il fit signe à Koïl de reprendre son envol et de rester loin derrière.

Barohir avança discrètement, encapuchonné, tenant prêt de lui son arc et ses flèches, à l'affut de la moindre menace qui pourrait se profiler à l'horizon. On racontait des tas de choses impressionnantes au sujet de la faune et de la flore de ces forêts et le jeune roi ne tenait pas à se retrouver dans la machoire d'un de ces animaux dont la taille est à ce qu'on raconte, démesurée. Il fallait seulement espérer que ces bêtes dormaient. Après une bonne demi heure de marche où il ne croisa que de petits animaux et du gibier, il arriva enfin aux portes d'un poste d'avant garde de Feanor, qui marquait la dernière frontière séparant le territoire des humains avec le territoire des Enorii, terres sacrées et dangereuses pour un humain seul et isolé.

Arrivant devant la porte du poste d'avant garde, dont les murs de part et d'autre de la porte semblaient s'enfoncer dans les ténèbres de la forêt, et la porte, qui paraissait imposante aux yeux d'un humain, Barohir enleva sa capuche. Il n'y avait personne devant la porte. Seul deux torches de chaque cotés qui dansaient au rythme de la légère brise nocturne.
Puis, il déposa son arc, gravé du nom de Dearanûr à ses pieds et attendit devant la porte, qui semblait dessinée dans le mur par des branchages d'arbres avoisinant. Un bien étrange mélange entre le naturel et l'artificiel. Il découvrit remonta les manches de sa longue veste, suffisamment pour laisser apparaître à son poignet droit un bracelet large en or, épousant les formes de son bras. Bracelet dont les attaches étaient soudées, et dont le dessus était frappé du seau royal de Delenör, représentant un Pégase. Puis, il attendit devant la porte du poste d'avant garde de la forêt sombre qu'un garde ne sorte du poste



(post modifié le 11 oct. pour plus de cohérence)


Dernière édition par Barohir Kordaskyan le Jeu 10 Nov - 6:32, édité 2 fois
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Mer 12 Oct - 20:55


Enáwen, la Cité de la Lune de la Forêt d'Argent, terre des farouches Enôrii. Merveilleuse et envoûtante dans son manteau de feuilles soutenues par les troncs des arbres dont la lueur des lunes et des étoiles donnait la couleur argentée qui avait valu son nom à Fëanör, elle semblait calme et intemporelle, ce qui était par ailleurs le cas, puisqu'elle existait depuis des temps immémoriaux sans avoir eu de changements conséquents dans sa structure. Des escaliers de bois en colimaçon menant aux diverses habitations étaient maintenus solidement dans les troncs, permettant un accès facile aux demeures des Enôrii.
Le Palais Royal était bâti et soutenu par le plus gros arbre de la Cité de la Lune, et ses lumières étincelaient de milles feux dans toute la ville forestière. Des Enôrii, serviteurs ou gardes affluaient çà-et-là, s'activant à entretenir la bâtisse royale ou esquissant des rondes quotidiennes. Il y avait une certaine magie lorsqu'on arpentait Fëanör, et même les natifs de la Forêt d'Argent étaient toujours émerveillés par la beauté de ces lieux ancestraux, berceau de leur culture depuis des millions d'années. C'était dit-on, l'endroit où la Déesse Quêliniel avait versé ses larmes, creusant le célèbre lac Quêlnós, dont les eaux avaient béni le Peuple de la Lune d'une vie incroyablement longue et d'une jeunesse éternelle. C'était là également que la Matriarche des Sorcières des Brumes avait pénétré par effraction et avait prélevé un flacon de ce liquide aux propriétés si extraordinaires. Ainsi, cela avait permis à l'humaine de bénéficier de la même jeunesse qu'elle avait à vingt ans...et de s'attirer la rancoeur du Peuple de la Lune pour avoir osé toucher le lac sacré de Quêliniel et de s'en être sortie indemne avec les mystérieux pouvoirs des Brumes. Autant dire que les membres de la sororité n'étaient pas les bienvenues en ces lieux sauvages...


La Cité d'Argent abritait la famille royale des Ombrelune depuis des millions d'années, mais ce soir, l'un des membres de la dynastie manquait au palais. Il s'agissait de la princesse héritière, veuve depuis deux cent ans, qui s'était discrètement éclipsée pour aller retrouver son Totem et ami, le Chantelune Gröwn, en plein cœur de la Forêt d'Argent. Emmitouflée dans un manteau gris foncé à capuchon, elle arpentait les fourrés avec toute la discrétion d'un loup. Après tout, les siècles qu'elle avait passé pour se perfectionner dans l'un des pouvoirs de sa race, l'Aspect Totem qui lui permettait de se transformer en une créature de l'espèce de ce dernier, avait contribué à améliorer l'agilité et la souplesse inhérentes au Peuple de la Lune. Silencieuse comme une ombre, elle prit à gauche dans un tournant et se retrouva devant une gigantesque créature approchant les deux mètres au garrot, dont les yeux d'or scintillaient comme deux soleils dans l'obscurité de la forêt, bercée de temps à autre par les reflets des deux lunes et des étoiles qui perçaient à travers les feuillages des arbres. Le loup géant au pelage sombre s'avança jusqu'à elle.



*Bonsoir, mon amie. Tu as entendu mon appel, à ce que je vois...*

« Oui, je l'ai entendu. Pourquoi m'avoir fait venir ? » murmura Cassandre en abaissant son capuchon.

Le Chantelune retroussa ses lèvres et poussa un grondement sourd. Puis il tourna la tête vers les cieux étoilés et poussa un profond soupir avant de s'ébrouer.


*Quelque chose se prépare, mon amie... Les jours s'assombrissent, et les créatures de Fëanör s'affolent comme si un feu ardent embrasait la Forêt d'Argent... Le Mal s'élève... je le pressens. *

« J'ai senti ton inquiétude, oui. Et il est vrai que les bêtes se montrent de plus en plus rarement, ces derniers temps. Une sorte d'angoisse latente pèse en ces lieux. Je ne comprend pas ce qui arrive... » annonça Cassandre, lasse et dépitée.

Elle colla son corps fin et élancé contre l'épaisse fourrure de son Totem, et enfoui sa tête dans son cou velu et soyeux, laissant couler des larmes qu'elle ne pouvait retenir. Son lien avec Gröwn s'était davantage intensifié au fil des siècles qu'ils avaient passés l'un avec l'autre et elle ressentait chaque émotion qui s'insinuait dans son esprit. Elle pleurait pour la peine et l'anxiété qui le troublaient tant et ils demeurèrent là un moment, l'un contre l'autre, laissant le silence pesant de la Forêt d'Argent les envelopper de son manteau, voile obscur qui s'avançait encore et toujours, masquant le Mal qui approchait progressivement.

Au bout de quelques longues minutes, Cassandre desserra son étreinte et se recula pour mieux jauger son Totem, qui avait le regard toujours aussi triste. Il la contempla longuement, avant de s'agenouiller pour qu'elle puisse grimper sur son dos. Avec lesté, elle fit passer ses longues jambes taillées pour la course par-dessus ses épaules et se rééquilibra pour ne pas tomber. De son pas lent qui produisait de légers tremblements sur le sol, Gröwn prit la direction de la Cité d'Argent pour ramener son amie à l'abri dans le Palais Royal. Ils arrivèrent à proximité des portes de la Cité d'Argent, et Gröwn s'arrêta soudainement, manquant de faire tomber Cassandre qui s'était perdue dans ses rêveries. Raffermissant sa prise dans l'épaisse fourrure du Chantelune, elle chuchota avec vivacité :


« Pourquoi t'arrêtes-tu ? Que se passe-t-il »

Gröwn poussa un grondement sourd qui provenait de sa gorge et ses yeux étincelèrent de sauvagerie. Il pointa sa truffe en direction des portes, et Cassandre porta son regard dans leur direction. Elle fronça les sourcils et huma les airs à la manière de son Totem.

« Un humain. Son sang m'a l'air succulent. Guère sucré, mais légèrement fruité tout de même. Juste parfait pour mes papilles... Mais que fait-il là ? Soit il est fou, soit il est stupide, ou il a des choses importantes à dire pour oser pénétrer dans notre territoire. Et que font les sentinelles ? Elles dorment ou quoi ? Elles auraient déjà dû le repérer. »

Cassandre Ombrelune sauta de son Totem et atterrit silencieusement sur le sol. Elle s'avança avec prudence en direction de l'humain, car elle remarqua qu'il était armé d'un arc et d'un carquois rempli de flèches. Il posa ce premier à ses pieds et la princesse de Fëanör le vit retrousser ses manches, dévoilant un bras qui portait un étrange bracelet. En plissant les yeux, elle crut remarquer une créature ailée gravée dessus, mais l'obscurité était trop grande pour qu'elle puisse discerner correctement le symbole en question. Elle n'était plus qu'à trois mètres de l'homme et au bout de quelques minutes d'observation, prit la parole de sa voix légèrement grave et envoûtante, avec un fort accent enôrii dans la langue humaine.

«  Que fait un humain isolé s'aventurant sur les terres sacrées de mon peuple ? »

S'avançant avec grâce, elle n'était plus qu'à un mètre de l'être humain et put mieux se rendre compte du bracelet qu'il avait. Fait d'or, et la créature ailé n'étant autre qu'un de ces fameux Pégases que l'on élève dans l'est lointain, par-delà l'océan des Âmes Éternelles. Le sceau royal de Delenör...
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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Sam 22 Oct - 10:57

Barohir se laissa envoûter par la beauté de l'Enorii qu'il avait devant lui. Puis, après un moment qui lui paru une éternité, moment pendant lequel il resta là, contemplatif, il reprit ses esprits et ses inquiétudes reprirent le pas, et posa un genou à terre, afin de montrer qu'il était humble, et honnête :

-
Douce Enorii, je me présente. Barohir, Seigneur des Cavaliers Ailés et des Terres de Delenor. J'ai un message de la plus haute importance à délivrer à la famille royale de Feanor. Il en va de la survie de mon peuple.

Barohir avait le sentiment que le visage qu'il y avait en face du sien ne lui était pas inconnu. Pourtant, les différents dignitaires du peuple Enorii se faisaient discrets de manière générale et il était souvent difficile de savoir à qui l'on pouvait s'adresser si ça n'était pas le Seigneur d'Enawen lui même. Le Seigneur de Delenor se redressa et se plaça face à Cassandre, à une très courte distance de son visage, comme s'il voulait montrer, à travers un subtil mélange de respect et de défi, qu'il se considérait comme un égal et non comme n'importe quel humain, généralement intimidé voire apeuré par les Enorii.

- Je ne suis pas qu'un humain égaré, et je sais les risques que j'encours à pénetrer en ces lieux sacrés, mais vous savez aussi bien que moi que je ne ferais pas demi-tour. Vous vous demandez pourquoi je suis seul à l'heure actuelle ? Je préfère me déplacer seul. Cela permet d'éviter d'éveiller des soupçons ou même que l'on me dérange lorsque je désire ou ai le besoin de voyager. La solitude, douce Enorii, est une sentiment que, j'ose espérer, vous savez apprécier autant que moi.

Voyager, être seul face à l'immensité du monde et de la nature, était un sentiment que Barohir aimait tant à éprouver. Puis, pour simplement prouver qui il était, et que sa réputation de passionné de culture Enorii était fondée, il exprima seulement quelques mots en Enorii.

- Aidez moi, je vous en prie. Conduisez moi à quelqu'un de la famille Royale.
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Dim 23 Oct - 21:50


Le toisant du regard à la fois hautain et pénétrant que les Enôrii arboraient habituellement face aux autres espèces, Cassandre attendit que l'homme se présentât. D'ordinaire, lorsqu'un humain entrait dans Fëanör, il n'avait que peu de chance de survivre à moins qu'il n'ait un bon prétexte pour fouler ces terres, et heureusement pour cet homme à l'allure élégante, nota Cassandre, cela était justement son cas. Il ne semblait pas s'agir là d'un simple mortel dont elle se serait abreuvée sans préavis ; il portait le blason qui représentait le peuple de Delenör, et c'était la raison pour laquelle il vivait encore. Son regard paraissait lointain alors qu'il la regardait, ce qui amusa la femme pluri-centenaire aux oreilles effilées. Tout en s'agenouillant respectueusement devant elle, il se présenta sous le titre de Barohir, le Seigneur du Delenör, ce qui l'intéressa davantage. Elle avait très certainement dû le rencontrer autrefois, lorsqu'elle secondait son père lors de conseils auprès de leurs alliés dont les deleniens faisaient partie. Le jeune homme prétexta avoir un message de grande importance à faire part au Peuple de la Lune. Cassandre se fit songeuse. Aurait-ce un lien quelconque avec les inquiétudes qui saisissait le cœur de son animal totem dont ce dernier lui aurait parlé ?

L'humain s'était entretemps redressé et rapproché de l'Enôrii. Les yeux de saphir de cette dernière semblaient soudainement étinceler d'une flamme ardente, tandis qu'un grondement sourd et sauvage, semblable à celui d'un loup, provenait de sa gorge. Ne s'étant pas abreuvée, la proximité du Seigneur Barohir sembla soudain attiser sa soif de sang qu'elle était parvenue à contrôler pour venir lui adresser la parole. De légers tremblements survinrent sur le sol, signifiant qu'une créature d'un poids assez conséquent était en mouvement dans les parages, et tandis que les craquements des feuilles mortes retentissaient, une silhouette quadrupède arborant les deux mètres de hauteur se dessina derrière Cassandre. Le Chantelune aux yeux d'or se plaça aux côtés de son amie et toisa l'humain en poussant un grondement et en découvrant ses puissantes canines. Il se plongea dans l'esprit de Cassandre et s'adressa à elle.


*Que t'arrive-t-il ? Tu as besoin de mon aide pour le briser ?*

*Non, non. Ne lui fais pas de mal, il s'agit de l'un de nos..rares alliés. Barohir de Delenör. *

*Il ne ressemble guère à un seigneur... Cependant, il n'est pas mal pour un humain. *

*Gröwn... Je dois le conduire au palais, il dit avoir un message important à nous faire parvenir. Accepterais-tu de le laisser monter sur ton dos, derrière moi ? Nous y serions plus vite. *



Le loup géant poussa un grondement et plongea son museau dans la main de Cassandre qui le caressa avec douceur. Retrouvant le contrôle de sa personne, la princesse de Fëanör reporta son attention sur le Seigneur Barohir, auquel elle répondit :

«  La solitude nous permet de mieux comprendre le monde, car notre cœur semble attisé par la compassion et un amour infini lorsque nous n'avons que pour seule compagnie le murmure du vent dans le feuillage des arbres. Toutefois, je ne puis déterminer si je sais ce qu'est vraiment la solitude, étant continuellement liée par l'esprit avec Gröwn, mon animal Totem que voici. Elle est certes utile lorsque notre cœur a besoin de s'ouvrir à d'autres horizons, loin des devoirs qui peuvent parfois accabler l'âme d'un seigneur. »

Le Seigneur Barohir l'implora ensuite pour qu'elle le conduise à une personne de la famille royale de Fëanör, dans la langue du Peuple de la Lune. La princesse sourit. Peu d'humains connaissaient la langue à la fois rude et chantante des enfants de Quêliniel, mais il apparaissait que cet humain savait énoncer au moins une phrase. Cassandre acquiesça, puis répondit au souverain, dans la langue humaine, avec son fort accent habituel, ne parvenant à prononcer les « r » qu'en les roulant à la manière du Peuple de la Lune.

« Je fais partie de la famille royale. Je suis Cassandre Ombrelune, fille du roi Arthax et de la reine Ghalÿa Ombrelune. Nous chevaucherons sur Gröwn qui nous conduira plus vite au palais, ainsi vous pourrez délivrer votre message aux souverains, seigneur Barohir. »

Adressant un regard au Chantelune, celui-ci poussa un grondement et plia ses pattes afin de se mettre à la taille des deux humanoïdes, pour que ces derniers puissent l'escalader sans difficulté. Avec souplesse, la princesse de Fëanör bondit sur le loup géant et passa sa jambe par-dessus son encolure, se retrouvant à califourchon. Elle tendit une main fine et pâle au seigneur de Delenör pour l'inciter à prendre place derrière elle, puis après s'être redressé, Gröwn s'élança de toute sa vitesse, prenant la direction du palais d'Enáwen...

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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Lun 24 Oct - 14:20

Extrait du journal personnel de Barohir :

Livre 2 -
[...]
Ce jour là, je pu enfin accéder au royaume des Enorii, sorte d'utopie aux couleurs argentées, qui aux yeux des humains représente l'abomination même : un enfer aux charmes indéniables. Pour moi il n'y avait point d'enfer, je ne craignais point les Enorii. Cette vision est celle de n'importe quel humain, imaginant la mort comme aillant les oreilles pointues. Mais pardonnez leur ignorance : leur peur les empêchent de voir plus loin que le bout de leur nez. Bref, tout ça pour dire que la cité de Feanor était d'une beauté incomparable. Je me souviendrais toute ma vie de ces hautes colonnes qui reflétaient les rayons des deux lunes, je me souviendrais toute ma vie de ces rivières dont l'eau avait des couleurs qui n'existaient que dans ce royaume, je me souviendrais toute ma vie des jardins suspendus entre les arbres et quels arbres ! Leur tronc, d'un argent si prononcé, leurs branchages labyrinthiques qui rappelaient les veines qui courent dans nos corps...
Je m'égare, mais vous comprendrez alors que le monde des Enorii est d'une richesse incroyable.

J'arrivais ce soir là au palais royal de Feanor, dont l'architecture était si particulière qu'il m'était impossible de savoir si le palais était d'origine naturelle ou bien artificielle, tant les branches des arbres croisaient les pierres argentées dont étaient faits les murs. J'avais été accueilli par Cassandre Ombrelune, princesse de ces terres, et le sentiment que j'éprouvais me laissait sceptique. Là où n'importe quel humain serait simplement mort de peur à l'idée que l'un des Enorii puisse le dévorer, j'étais emprunt d'un sentiment de sécurité et de confiance. Son totem, un loup colossal, un Chantelune comme les Enorii l'appelait, avait accepté de nous guider vers le palais des Ombrelune. Par Sÿlmenás, j'ignorais alors si j'étais en plein rêve ou si j'étais bien éveillé. Il fallait que je garde mes esprits.
[...]




Récit (suite) :

Ainsi, Barohir montait sur le Chantelune à l'allure imposante qui les menaient tout droit vers le palais d'Enawen, guidés par Cassandre elle-même, qui semblait retenir tant bien que mal ses instincts de prédateur. Ils quittèrent donc l'avant-poste de garde d'où Barohir était venu et ils parcouraient alors un long chemin qui coupait dans l'épaisse forêt, sombre, inhospitalière. Surprit par la vitesse, et n'ayant jamais parcouru la terre à dos de Chantelune, Barohir tentait maladroitement de trouver l'équilibre. Il passa alors ses bras autour de la taille de Cassandre, et s'y cramponna. Il entendit le même grondement étrange dans la gorge de l'Enorii. Le jeune Roi ajouta, gêné :

- Pardonnez-moi Cassandre, mais je n'ai pas l'habitude...

Cette image n'était pas digne d'un Roi, et Barohir regrettait amèrement que son Pégase n'aie pas pu le suivre en ces lieux. Lorsqu'on voyait ce Chantelune colossale, on pouvait facilement imaginer quels genres d'autres créatures renfermaient ses bois sombres, et Barohir ne tenait pas à ce que Koïl, son Pégase, ne finisse dans l'estomac de choses insoupçonnables vivant cachées en ces lieux.

Puis on vit au loin une douce lumière qui semblait percer les ténèbres, une lumière qui oscillait entre le rouge des feux de torches, et l'aura blanchâtre qui semblait émaner de la lune elle même. Au bout d'un certain temps de course, ils arrivèrent au palais royal, une imposante construction située en hauteur, construit dans ce qui semblait être le plus gros et le plus ancien des arbres qui composaient le royaume. Le totem termina sa course au pied de cet arbre, et il fallu à Cassandre et Barohir emprunter des passerelles qui permettaient de monter dans le palais, situé à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol. Bien sûr, il y avait des gardes au pied de l'Arbre, qui regardèrent Barohir d'un air étonné, et on jurerait que l'envie de gouter à un peu de sang humain et frais ne leur manquaient pas, mais leur regard changèrent lorsqu'ils se rendirent compte que l'humain était accompagné par Cassandre. Tandis qu'elle le guidait et qu'ils montèrent, Barohir s'adressa à elle.


- Mon Oncle disait toujours que les Enorii, en dépit des apparences, savaient se montrer accueillants. Il n'avait pas tort.

Puis il marqua un temps de pause et reprit.

- Je sais que je prends beaucoup de risques en venant ici, mais ça en valait la peine...

Une fois arrivé à destination, ils se trouvèrent sur une sorte de terrasse d'où l'on avait une vue imprenable sur toute la cité. Bien que de nombreuses torches accrochées ou suspendues ici et là servaient à eclairer l'enceinte toute entière, les rayons de la lune baignaient Enawen d'une lumière douce, et pure. Le temps lui même semblait ne pas avoir court en cet endroit précis. Le calme qui régnait dans cette cité suspendue était un réel apaisement de l'âme pour ceux qui n'y étaient pas habitués, tout comme Barohir par ailleurs. Ils entrèrent alors dans l'enceinte royale en passant par une grande porte richement décorée, puis Cassandre guida Barohir à travers une grande salle où se trouvaient des Enorii à l'allure noble, dont certains observaient le jeune Roi comme s'il n'était qu'un vulgaire morceau de viande. Ils arrivèrent devant le roi Arthax et la reine Ghalÿa, tous deux assis sur des trônes dont la matière avait les mêmes reflets argentés que les bâtisses de la cité Enorii. Le Roi et la Reine, dont on n'aurait pas pu soupçonner sur leur visage les très nombreuses années que comptait leur passé, observèrent le jeune Roi avec un scepticisme apparent. Arthax se leva alors de son trône. Puis ils posèrent sur Cassandre un regard interrogateur avant de s'exprimer en Enorii. Barohir comprit vaguement les mots qu'ils échangèrent, mais pu noter que le Roi avait alors demandé à Cassandre : "Que fait cet humain ici, en ces lieux sacrés ??

A ces mots, Barohir se mit à genoux et parla.


- Monseigneur Arthax, Dame Ghalÿa, je me présente devant vous en toute humilité afin de solliciter votre sagesse et votre aide... Je suis Barohir Kordaskyan, Roi de Delenör et Seigneur des Cavaliers Ailés. Et si je viens ici, c'est en tant qu'allié de longue date. La famille royale du Delenor a toujours été en très bon termes avec le Royaume Sacré des Enorii, et je viens ici afin d'honorer cette alliance, et aussi parce qu'un danger menace mon royaume.

Le regard du Roi Arthax se changeait, et Barohir put entendre des murmures qui provenaient d'autres recoins de l'immense salle. Puis il reprit :

- Il y a plusieurs jours, j'ai reçu un message. Un message de la part des Sorcières des Brumes.

Les murmures se firent plus audibles.

- J'ai longtemps cru que leur groupe avait disparu, et était dissout. J'ai eu tort. J'ignore le nom de celle qui m'a envoyé ce message, mais la prophétie qu'elle a réalisé est inquiétante. Inquiétante au point que je vienne vous voir en personne.

Puis il sorti d'une poche intérieur de sa veste la lettre et lu à voix haute :

"De la Matriarche des Soeurs de l'Ombre à Barohir, roi du Delenör.

La Nuit s'étend sur l'Est désormais. L'Orgueilleux de topaze est passé au pouvoir de Celle qui fait danser les morts. Bientôt, la grande cité maritime sombrera dans le Chaos. Vous devrez être prêts quand les flammes du Dragon s'abattront sur vous. Bientôt viendra l'aide des brumes au travers des mers et des océans mais, en attendant, n'oubliez pas vos alliés de l'Ouest. Réveillez le courage de l'Annalabyr.

Que les Brumes veillent sur vous."


Après avoir lu la lettre, un silence de marbre laissa place aux rumeurs qui circulaient dans la salle. Puis Barohir reprit une dernière fois, la mine grave :

- Oui. Les Sorcières des Brumes nous avertisse d'un danger dont la menace dépasse Delenor. Si mon interprétation est la bonne, les Sorcières de L'Ombre sont actives. Et si la légende des Douze Dragons est exacte, alors Ouros, le Dragon de Topaze, le plus puissant des Douze, est sous le contrôle des Nécromanciennes.

Barohir regardait successivement Arthax, son épouse, et Cassandre, l'héritière du Royaume de Féanor.

- Ombrelunes, au nom de l'amitié qu'entretient le Delenör et le Royaume de Feanor, j'en appelle à votre sagesse. Aidez moi à éclaircir cette histoire, et rassemblons nos forces. Si la menace pèse sur Annalabyr, nous devons agir.





(HRP : Cassy, je te laisse le soin de corriger mes descriptions dans ton RP si quelques détails ne collent pas avec ta vision d'Enawen. Merci d'avance )[i]
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Mer 9 Nov - 17:34


Cassandre attendit que le Seigneur Barohir prenne place derrière elle sur le Chantelune, puis celui-ci s'élança à une vitesse fulgurante en direction de la Cité de la Lune. Barohir, sans doute déstabilisé par les secousses de l'énorme animal, s'était cramponné aux hanches de l'Enôrii qui poussa un grondement sourd. L'odeur enivrante de l'humain lui parvenait jusqu'à ses fines narines qui frémirent du désir de s'enfouir dans son cou bouillant, tandis que ses longues canines plongeraient dans sa chair pour que la créature puisse se repaître de son sang. Mais le moment n'était pas venu pour se nourrir, encore moins d'un delenien, qui plus était le souverain de ce royaume lointain par-delà l'océan. Lorsqu'il s'excusa pour l'avoir agrippée ainsi, elle poussa un second grognement, qui signifiait probablement que cela ne faisait rien, puis elle reporta son regard perçant sur l'horizon.

Enfin, Enáwen, ou la Cité de la Lune, le repaire des Enôrii, apparut devant leurs yeux, scintillante de mille feux qui provenaient des cristaux incrustés dans les arbres, et qui donnaient à la cité Enôrii cette lumière éclatante, accentuée par les rayons des deux lunes qui perçaient à travers les épais feuillages. Dans les arbres gigantesques étaient bâties des habitations d'une grande beauté, elles aussi décorées par les mêmes cristaux scintillants, et un système de ponts en bois permettait d'accéder aux différents endroits de la cité. Le tout donnait un effet léger et aérien, et l'on aurait pu penser que la ville avait été construite et maintenue grâce à la magie. C'était peut-être le cas, après tout, toujours est-il que les Enôrii ne parlaient guère de leurs secrets.

Gröwn s'arrêta aux portes de la cité, et Cassandre sauta prestement du dos de son ami, secondée par le seigneur Barohir, dont les yeux semblaient émerveillés par tant de beauté architecturale. C'était un delenien, il était normal qu'il ait un œil attentif à tant de splendeur et de poésie. Lorsque l'on se rendait dans le Delenör, l'on ne pouvait qu'être stupéfait par la finesse des bâtiments et des hautes tours, de même que leurs bateaux, si élégamment conçus, ou encore leurs armures. La princesse de Fëanör fit signe à Barohir de la suivre, tentant de ne pas trop prendre d'inspirations lorsqu'il se trouvait trop proche de sa personne. Un arbre immense, sans aucun doute le plus énorme de toute la forêt, se tenait devant eux, fier et arrogant de sa magnificence. Des Enôrii -des sentinelles, plus exactement-, se trouvaient au pied de celui-ci et arborèrent un regard empli de méfiance et de défi lorsqu'ils aperçurent Barohir, mais changèrent immédiatement d'attitude en constatant que l'héritière était à ses côtés. Il la saluèrent à la manière du Peuple de la Lune, et s'écartèrent pour leur permettre d'accéder aux escaliers de bois en colimaçon, qui les mènerait au palais royal.

Il y avait une bonne centaine de marches pour atteindre le palais, et il ne fallait pas avoir peur du vide ou avoir des difficultés avec les montées, car le palais se situait à une centaine de mètres au-dessus de leur tête. Cassandre, ayant l'habitude et les grandes jambes agiles et finement musclées des natifs de Fëanör, n'eut guère de mal à arriver en haut rapidement. Entretemps, le seigneur de Delenör lui adressait la parole. Elle sourit faiblement et plongea son regard dans le sien avant de répondre :


« Nous ne sommes pas accueillants avec tout le monde, seigneur Barohir. Voyez comme les miens vous ont regardé, et pourtant vous êtes l'un de nos alliés. Habituellement, les étrangers ne font pas long feu parmi nous. Vous ne risquez rien tant que vous êtes à mes côtés, mais il est déconseillé de vous aventurer seul en ces lieux. Nous nous nourrissons de sang animal, d'ordinaire, mais le sang humain est le meilleur. C'est pourquoi, il arrive des...accidents, si je puis dire, aux personnes qui ne sont pas de ma race et qui parviennent jusqu'ici. Le sang humain nous rend presque fous du désir de nous en abreuver, et c'est la raison pour laquelle nous sommes aussi peu aimés de nos voisins de Lareagan. Ces derniers ont d'ailleurs érigé un rempart, Brumefer, pour contrôler les natifs de mon peuple et éviter les agressions de ce genre. Les plus vieux d'entre nous peuvent se contrôler malgré leur désir, mais ceux qui sont plus jeunes ont davantage de difficulté pour cela. Les Orks ont un goût trop répugnant, âcre, pour que l'on s'intéresse à eux, et les Nains ont un sang trop riche pour nous. Le vôtre, celui de votre espèce, est juste bien. Lorsqu'un humain vient parmi nous, c'est comme si vous vous nourrissiez pendant des années de légumes, et qu'une belle pièce de viande saignante venait tomber soudainement dans votre bouche, si cela vous parle davantage. » expliqua-t-elle avec un sourire qui découvrit ses canines.

Elle continua d'avancer et reprit la parole :


« Avec le temps et au vu de notre localisation, nous sommes devenus très méfiants envers les étrangers. Et nous ne pardonnons pas facilement les offenses. Voyez avec les Orks, par exemple. Lorsqu'ils sont venus quelques milliers d'années auparavant pour piller les richesses de Fëanör, et qu'ensuite, les Nains ont accepté de signer un traité de paix avec eux, nous avons refusé et sommes restés sur nos positions. Notre rancoeur envers eux n'a pas diminué depuis lors. »

Les deux êtres pénétrèrent dans une salle immense, aux décors d'or, d'argent et de pierres précieuses diverses. Au fond, se trouvaient deux trônes argentés sur lesquels étaient assis les souverains Arthax et Ghalÿa Ombrelune, tous deux richement vêtus d'or. Cassandre pressa légèrement le bras de Barohir pour lui dire de l'attendre à l'endroit où il se trouvait actuellement, et elle s'avança pour saluer ses parents à la manière des Enôrii. Son père jeta un regard interrogateur sur Barohir et adressa la parole à sa fille en Enôrii. Cette dernière s'apprêtait à répliquer lorsqu'elle entendit un bruit mât, et en se retournant elle constata que Barohir s'était agenouillé et entamait sa présentation. Il termina en révélant qu'une menace pesait sur les terres de ce monde. Arthax et son épouse se jetèrent un regard furtif, puis le roi prit la parole :

« Soyez le bienvenu sur nos terres, seigneur Barohir de Delenör. J'ai connu brièvement votre oncle, le roi Maloris. Il semble y avoir effectivement un air de famille. Quelles sombres nouvelles nous apportez-nous là ? »

Le Seigneur Barohir sortit de sa poche une lettre qu'il déplia et qu'il lut ensuite à haute voix. Les murmures déjà présents dans la salle s'intensifièrent lorsque l'humain leur apprit qu'il s'agissait d'un message de la part des Sorcières des Brumes. Il y eut des grondements furieux. Ils n'avaient toujours pas pardonné aux Sorcières le prélèvement sans autorisation de l'eau du lac Quêlnós, ni le fait que l'une d'elle ait fait usage de la magie des brumes pour se soustraire à leurs sentinelles qui avaient la charge de l'arrêter. Arthax fronça les sourcils et abaissa sèchement sa main à l'intention de ses sujets pour qu'ils se taisent. Ce qu'ils firent sans broncher.
Tandis que Barohir faisait la lecture de sa lettre, Arthax s'était rapproché de lui et le regardait les bras croisés et les sourcils froncés. Ce qu'annonçait le message était préoccupant. Lorsqu'il eût terminé sa lecture, Arthax s'adressa au jeune souverain.


« Pour ma part je savais qu'elles pratiquaient encore... Ma fille cadette, Sÿlmenás, est entrée dans leur sororité après avoir suivi son initiation avec son mentor, comme le veut notre coutume. Elle y est toujours restée, aux dernières nouvelles...Bien que nous ne l'ayons pas revue depuis des décennies et que nous la recherchons toujours en vain. »

Arthax lança un bref regard en direction de son épouse qui baissa ses yeux de saphir pour dissimuler sa tristesse. La disparition soudaine de la plus jeune des Ombrelune était toujours un sujet douloureux à évoquer.

« Ouros est bel et bien le Seigneur du Topaze. C'est lui qui tenta de convaincre mon père de s'allier avec les Orks, quatre mille ans auparavant, à l'instar des Nains. Ouros fut d'ailleurs déçu de son refus. Ce fut la dernière fois que nous le vîmes sur notre territoire. Toutefois, je n'ai pu le connaître moi-même, je ne connais pas ses pouvoirs et je doute qu'aucun Seigneur daigne nous révéler leurs capacités étonnantes. Je pense que nous devrions d'abord essayer d'en savoir davantage sur cette sorcière qui fait danser les morts et comment a-t-elle pu soumettre une créature aussi puissante et sage à sa volonté, avant de passer à l'action. »

Cassandre s'avança et prit la parole à son tour, en jetant des regards furtifs en direction de Barohir et de son père.

« Nous devrions tout de même commencer à rassembler notre armée, au cas où les choses tourneraient plus mal, afin de ne pas être débordés par les évènements. Il faudrait également prévenir le peuple de Lareagan et de Dwilömrhin. Les Amazones pourraient également nous être utiles. Et il faudrait tenter de trouver les autres Seigneurs Dragons pour voir s'ils ont prévu quelque chose. Qu'en penses-tu, père ? »

« Tu as raison. Il faudra nous préparer dès à présent et entrer en contact avec nos alliés et aussi tenter de savoir ce que fabrique cette nécromancienne. Cette histoire m'intrigue et..m'effraie quelque peu. Ouros est tout de même le plus dangereux de l'Ordre des Douze. On dit qu'il a la capacité de copier les pouvoirs de ses congénères...ce qui est alarmant. Tu devras te rendre chez nos alliés, avec le Seigneur Barohir, pour les avertir du danger. Les Nains, étant plus proches des Sorcières des Brumes et des Seigneurs Dragons, sont peut-être déjà au courant des évènements. » répliqua Arthax.
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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 10 Nov - 7:02

Face aux inquiétudes grandissantes de la famille Royale Enorii, Barohir reprit la parole :

- Mon second et ami, Fherdredd, Intendant du Delenor, m'a prévenu qu'il avait à sa disposition un mercenaire Geryian que nous pourrions envoyer en parallèle enquêter sur les sorcières des Brumes. J'aimerai savoir qui est l'auteur de la lettre exactement et si elle peut nous aider davantage.

Avant mon départ, organisé dans le plus grand secret, j'ai tout de même demandé aux plus hauts gradés de l'armée du Delenor de mobiliser les troupes. Le Gouvernement Delenien est au courant de ma venu en ces terres, et à l'heure où je vous parle, chaque archer, homme, femme, et élève, prépare ses armes. Ils n'ont pas connaissance de la Prophétie et pour le moment ils n'ont pas besoin de savoir. Mais les carquois sont prêts, les épées affutées, et nos Pégases sont attelés et préparés à tout.

Nous devons éviter à tout prix de créer la paranoïa, mais nous ne pouvons pas ne pas rester sur nos gardes. Vous devez mobiliser votre armée, la menace est bien trop importante pour être prise à la légère.


Puis Barohir regarda Cassandre avant de reprendre la parole, en s'adressant à la fois à la princesse et au Roi.

- Nous allons devoir nous déplacer dans la discrétion la plus grande possible, nous faire passer pour de simples voyageurs... Si nous devons faire notre route ensemble, alors soyez prête le plus rapidement possible.

J'aimerai trouver les mots pour exprimer ma gratitude à votre égard cher Arthax, Pour la première fois dans ma vie, j'ai peur. Mais si je vous sais à nos côtés, je ne crains rien.


Lorsqu'il vit Cassandre le regarder, Barohir se demanda si à ce moment précis il était toujours le Delenien, ou le bout de viande dont elle parlait. Barohir commençait à se demander si le fait de partir seul avec elle ne représenterait pas un risque pour lui et pour sa vie. Pourtant, quoi qu'il fasse, il avait toujours cette confiance étrange qui le poussait à agir, et à faire tout ce qui était en son pouvoir pour traquer les Sorcières des Tombes et les empêcher d'utiliser Ouros comme leur arme. Il s'adressa à la princesse.

- Soit. Nous pourrions commencer par contacter les nains de Dwilömrhin. Ensuite, pourquoi ne pas tenter Argoth en effet ? D'autant qu'ils comptent parmi nos meilleurs alliés...

Puis Barohir marqua un temps de pause, décrocha son regard de Cassandre et reprit, plutôt géné, en direction du couple royal.

- Seigneur Arthax, je ne voudrais abuser de l'hospitalité qui m'est réservée, mais j'ai un grand besoin de repos, et je dois écrire à mon Intendant...

Barohir, exténué par le voyage et les mauvaises nouvelles qui s'étaient précipitées, espérait que le Roi de Feanor ne lui accorde pour cette nuit une chambre, dans laquelle il pourrait apaiser sa fatigue, et profiter un dernier instant de la magie qui opérait en ces lieux. Il fallait écrire à son Intendant pour demander l'envoie d'un mercenaire pour enquêter sur les sorcières des Brumes.
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 10 Nov - 14:48


Le Seigneur Arthax Ombrelune se tourna vers Barohir et l'écouta attentivement. Il hocha la tête pour acquiescer et renchérit :

« Il est heureux que vous ayez déjà commencé la mobilisation de vos troupes. Les nôtres seront opérationnelles très prochainement. Je vais faire une annonce au peuple Enôrii pour qu'ils se préparent à entrer en guerre. Nos cavaliers Drëkhass sont les plus redoutables et les plus rapides. Cela dit, j'ignore combien de temps nous mettrons pour parvenir dans le Delenör à temps... Je vais écrire un message pour le roi de Lareagan, que je te remettrai, Cassandre, et tu le lui donnera. Il est impératif que tout l'ouest soit mis au courant. »

Cassandre opina du chef, une lueur de gravité affichée dans son regard de saphir qu'elle tourna vers Barohir lorsqu'il s'adressa à elle. Elle rectifia :

« Les Nains se trouvent tout au sud, il serait plus logique de commencer par nos voisins humains. Et puis, nous devons passer le rempart de Brumefer qui délimite les frontières entre Fëanör et Lareagan, de toute manière. Ils risquent en revanche de nous poser des questions, notamment sur le comment nous sommes sortis vivants de Fëanör en étant de simples voyageurs qui sortent de la lisière de la forêt en question. Mais nous aviserons de cela en temps voulu. »

Arthax, son épouse, Cassandre et tout le reste des Enôrii présents dans la salle grondèrent en cœur lorsque le nom d'Argoth fut prononcé. En effet, si les argothiens étaient alliés aux deleniens, il en était autrement pour les Enôrii. Ceux-ci comptaient parmi leurs ennemis mortels, et la haine qu'ils éprouvaient les uns envers les autres était nettement palpable. Enfin, après un moment durant lequel on n'entendait que les grognements et les sifflements furieux des Enôrii, Cassandre jetant un regard mi-désolé mi-amusé en direction de Barohir qui devait probablement se sentir gêné après sa proposition, la reine Ghalÿa prit la parole pour la première fois.

« ...Les temps s'assombrissent à une vitesse trop grandissante pour que nous demeurions campés sur nos positions, vis-à-vis d'Argoth. Ils sont certes nos ennemis, mais pas ceux des deleniens. Nous devrions tenter une trêve avec eux, car nous aurons besoin du plus grand nombre de troupes possible pour vaincre les Sorcières des Tombes, accompagnées d'un Dragon corrompu et aussi puissant que le Seigneur du Topaze, Ouros. Nous ne vaincrons pas seuls. Dispersés, nous sommes faibles, solidaires nous seront forts. »

Arthax tourna son regard vers son épouse et la scruta fixement avant de rétorquer :

« Les argothiens n'accepteront jamais. Pas après la façon dont s'est terminée leur dernière visite chez nous. Leur haine envers nous est à son paroxysme, et cela est compréhensible, d'une certaine manière, du moins pour les humains. De plus, je crains que leur roi refuse de nous aider... Malgré nos différents, je reconnais que c'est un bon souverain qui aime son peuple. Et je ne pense pas qu'il voudrait prendre le risque de perdre des vies face à la bataille qui s'annonce, si vous suivez mon raisonnement... »

La mine de Cassandre se renfrogna. Elle doutait que le roi d'Argoth serait assez lâche pour se soumettre aux Sorcières des Tombes, si jamais elles frappaient à ses portes avec le Seigneur Ouros. De toute manière, il y aurait inexorablement des pertes de tous côtés, quelle que soit la position adoptée. Alors s'il fallait trépasser à la bataille, autant que cela se fasse dans l'honneur et la dignité. Barohir reprit alors la parole, gêné, en s'adressant à Arthax et Ghalÿa Ombrelune qui le toisèrent, interrogateurs. Arthax acquiesça avec douceur et, jetant un regard en direction de sa fille qui commençait à s'éloigner, demanda à cette dernière de prêter une chambre au seigneur du Delenör. Cassandre lui fit signe de la suivre et souhaita la bonne nuit d'un signe de tête à ses parents.


Elle sortit de la salle, Barohir à ses côtés, et marcha d'un pas rapide en direction de ses appartements personnels. La pièce adjacente était disponible, et elle ouvrit la porte, invitant le roi à entrer avec elle. C'était une pièce aussi belle que les autres, avec de nombreuses gravures en or sur les murs, couleurs chaudes et royales. Le lit lui-même, fait d'un bois massif sur lequel se trouvaient des dorures, aurait pu facilement accueillir trois personnes. Le matelas et les oreillers étaient d'un rare moelleux, et la couverture était si fine, que la chaleur qu'elle offrait en paraissait étrange. Il y avait une table au centre de la pièce, avec trois chaises également. Des armes étaient suspendues au mur, une longue épée finement forgée ainsi qu'un arc élégant. Il y avait aussi un emplacement où placer les Skêlz, les longues dagues Enôrii, mais celui-ci était vide. Tandis qu'elle laissait le seigneur Barohir regarder, Cassandre ouvrit la bouche et parla de sa voix légèrement grave et envoûtante :


« Il s'agit de la chambre de mon frère cadet, Eldakhar Ombrelune. Il est absent pour le moment, en voyage avec ma fille, par conséquent il ne verra aucun inconvénient à ce que sa chambre soit prêtée pour la nuit. Pour ma part, je serai dans la chambre à côté, si vous désirez quelque chose, frappez à la porte. J'ai le sommeil léger. Sous cette table se trouve un tiroir, et un nécessaire à écrire. Peut-être souhaitez-vous vous sustenter d'abord ? Nous n'avons pas que du sang, rassurez-vous » ajouta-t-elle en découvrant ses canines en un sourire.

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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Ven 11 Nov - 2:15

Barohir observa les canines de l'Enorii, avant de sourire à son tour, ne dévoilant rien de plus que des dents tout à fait normales.

- De quoi je pourrais avoir besoin après avoir vu ces lieux ? Ajouta-t-il dans un élan d'enthousiasme.

Mais il vit Cassandre un sourire au coin des lèvres, les joues moins pâles qu'à l'habitude, et il reprit sur un autre sujet.


Je suis confus... Seulement c'est l'une des rares fois où un humain peut pénetrer en ces terres... Vous me jugerez peut être direct ou je ne sais quoi, mais l'idée de partir avec un membre de la famille royale Enorii est pour mon Royaume un grand honneur.

Puis lorsqu'il vit le regard interrogateur de Cassandre, Barohir revint sur ses propos.

- D'accord, c'est un honneur pour moi. Mais combien d'humains ont pu approcher ce si riche royaume ? Pas des masses je crois...

Tout en adressant la parole à la princesse Enorii, il déposa son arc noir d'ébène gravée du nom de Dearanûr, et sa dague, contre le mur là où étaient rangées les autres armes.

- J'espère seulement, que votre frère n'entrera pas dans cette pièce à l'instant où je m'y trouverai, je ne le connais pas mais je pourrai finir en morceau de viande. Ça me fait rire malgré tout, je dois être fou. Je sais que cela risque de vous paraître déplacé mais... J'aimerai que nous restions un peu ensemble. Disons que, j'aime la culture Enorii plus que n'importe quelle autre et le privilège d'être accepté en ces terres est un moment si magique que ça serait dommage de laisser passer une telle occasion... Mais je m'égard et vous allez vraiment me prendre pour un fou et encore, je pèse mes mots.

Puis le Seigneur de Delenor s'en voulu d'avoir laissé ses sentiments à l'égard des Enorii s'exprimer autant. Cassandre passait à ses yeux pour un être surnaturel, plus que n'importe quel autre Enorii. Aussi il se rattrapa très rapidement et avec une maitrise qui surprit la princesse de Feanor.

- Lorsque nous partirons, peut être que je n'aurai plus l'occasion de profiter d'un tel moment aussi ne m'en voulez pas si je m'égard... Par tous les dieux on dirait un adolescent naif... n'importe quoi. Je vous en prie, restez, que nous puissions échanger quelques mots avant de prendre la route vers des dangers et une mort certaine. Et pour être honnête je préfère penser à autre chose que ce à quoi nous devons nous préparer.

Barohir se senti soudainement incroyablement stupide de s'être adonné à tant de naïveté. Qu'importe, s'il fallait mourir demain, autant savoir profiter de la moindre petite chose qui vous procurerait ne serait-ce que le moindre des plaisirs. Le charme hypnotique de ces lieux l'avait peut être pris, il fallait qu'il garde les pieds sur terre. Beaucoup de conflits étaient à prévoir et l'heure était à l'entente et la réconciliation des alliés de jadis et les humains et les Enorii ne s'entendaient jamais vraiment bien, voire pas du tout. La tache allait être ardue. Il fallait envoyer quelqu'un enquêter sur les sorcières. Barohir sorti le matériel d'écriture, étala sur la tablette un morceau de parchemin, examina la plume qui brillait de cette même lueur argentée qui parcourait les surfaces de cette cité sous la lumière lunaire, et ouvrit l'encrier qu'il disposa à sa gauche.

- J'aurai besoin de cire, pour cacheter la lettre. Je vais ordonner l'envoi d'un enquêteur sur la trace des sorcières des brumes. Je veux connaitre la prophétesse qui a envoyé cet avertissement. Nous avons je crois un Geryian à Nadûr qui attend mes instructions. Qu'en pensez vous ?

Puis il alla ouvrir la fenêtre et avança en direction du balcon, balcon qui semblait s'être formé naturellement dans l'arbre immense dans lequel se trouvait le palais royal. Cassandre le suivi et posa un regard interrogateur à la question que Barohir lui posa :

- Excusez ma question mais... Vous avez vu passer des siècles et des siècles n'est ce pas ? Comment était le monde, autrefois ? Nous, humains, n'avons que des livres poussiéreux et dénués de bon sens pour nous apprendre le passé de ces lieux mais bon...
Et je meurs de faim en vérité.
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Sam 12 Nov - 14:58


Cassandre, avec un sourire amusé, rectifia la phrase du seigneur de Delenör :

« Combien d'humains ont pu approcher ce royaume...quelques uns. Mais s'en sortir indemne, c'est une autre histoire. Comme je le disais, notre peuple devient presque fou lorsque le sang humain pénètre en ces lieux. Par conséquent, nous nous montrons plus...sanguinaires envers ceux de votre espèce, bien que nous pouvons nous contrôler, comme je le fais avec vous en cet instant. »

La princesse de la Cité de la Lune observa l'être humain déposer ses armes contre le mur. Elle eût un regard admiratif en constatant les finitions élégantes du bois et du métal. L'on voyait bien là le style delenien qui était de toute beauté. Le seigneur exprima ses craintes quant au retour de son frère. Cassandre eût un petit rire amusé :

« Ne craignez rien. Il est parti pour un long moment en voyage avec ma fille, Elunia. Et il est étrange avec les humains. Je veux dire par là qu'il les apprécie beaucoup. Il est certainement l'un des plus ouverts de notre race, et je ne l'ai jamais vu s'abreuver volontairement du sang des vôtres. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles beaucoup d'entre nous le considèrent comme un...fou. Il serait le genre à s'éprendre d'une humaine en se moquant éperdument de ce que pourraient penser les autres Enôrii et ne daignerait pas à avoir une descendance imp...à moitié humaine. Seulement, la sentence si cela venait à être découvert serait...très dure. Et je ne pourrais pas supporter de voir mon frère se faire dévorer par les Drëkhass» ajouta Cassandre sombrement.

En effet, les Enôrii était une race relativement arrogante et qui tenait particulièrement à la pureté de leur sang. Les Impurs, ou les métis issus d'un Enôrii et d'une autre race, généralement humaine, étaient extrêmement mal venus en ces terres et se faisaient impitoyablement éradiquer s'ils venaient à se faire connaître du Peuple de la Lune. C'était un châtiment des plus injustes, mais telles étaient les règles instaurées par les premiers souverains. Et il était difficile de faire changer l'opinion de tout un peuple en peu de temps. Cassandre, en tant qu'héritière, aimerait modifier cet aspect des lois Enôrii, mais craignait de susciter une révolte de la part de son peuple, bien que les souverains soient aimés et respectés de leurs sujets. Puis Barohir reprit la parole et Cassandre opina du chef en souriant :


« Oui, vous pouvez semblez fou, aux premiers abords. Mais n'oubliez pas que vous êtes l'un de nos alliés, et nous ne touchons pas à ces derniers. Nous avons le sens de l'honneur, et ne trahissons pas une alliance. Nous préférons refuser un tel traité, si nous sentons que nous ne pourrons pas le respecter. De même, les Enôrii qui toucheraient aux deleniens seraient sévèrement châtiés. En tout cas, j'accepte volontiers de rester à vos côtés. Je vous ferai visiter le reste du Palais, la Cité de la Lune, les enclos des Drëkhass que nous élevons, - je ne sais pas si vous en avez déjà vues ou non ?-,le temple dédié à Quêliniel, et le lac Quêlnós. Cela dit, il y a souvent des créatures vers ce dernier qui pourraient vous..effrayer. Notre eau a des propriétés étonnantes...Disons que mon Totem n'est pas le seul à avoir une taille aussi imposante... Je resterai avec vous, ne vous en faites pas. Si nous nous faisons attaquer, je dispose de quelques connaissances en magie pour ralentir ces créatures. Il est difficile de les abattre, même avec trois ou quatre des flèches les plus performantes» ajouta sombrement Cassandre.

Particulièrement les Drëkhass sauvages et les araignées géantes. C'était sans contexte les créatures les plus monstrueuses qui foulaient Fëanör, et si ces premières pouvaient être dressées, il en était tout autrement pour ce qui était des araignées... La princesse espérait juste ne pas avoir à en rencontrer, car deux pauvres hères comme eux n'auraient presque aucune chance au corps à corps avec l'une de ces créatures. Les Enôrii possédaient une étonnante rapidité, et ils étaient maîtres dans l'art de semer leurs ennemis, aussi bien sur terre que dans les arbres de Fëanör qu'ils connaissaient très bien. Cassandre sortit de ses pensées lorsque Barohir lui demanda de la cire pour cacheter la lettre. Elle acquiesça puis sortit de la pièce un instant. Elle revint rapidement avec un bâton de cire doré et un autre objet, et le tendit à Barohir, gardant l'autre objet dans sa main.


« Avez-vous un sceau pour cacheter votre lettre ? Autrement, vous pouvez vous servir de celui de Fëanör... »


Cassandre lui présenta le sceau du Peuple de la Lune. Il représentait la Déesse de la Nature, de la Fécondité et de la Lune Quêliniel, sous son triple aspect. Trois demies-lunes étaient entrelacées l'une dans l'autre de manière élégante.
Barohir expliqua à Cassandre qu'il y avait un Geryian qui attendait ses ordres dans la cité de Nadûr. En entendant le nom « Geryian », Cassandre ne put s'empêcher de réprimer un regard noir et flamboyant de mépris. Les Geryians et les Enôrii étaient aussi arrogants les uns que les autres, et ils n'étaient pas réputés pour s'apprécier énormément. La princesse se reprit tout de même et se radoucit en entendant le Seigneur de Delenör lui poser une question qu'elle trouvait étrange. Il dût le remarquer car elle avait à présent un regard interrogateur. Elle sourit puis lui répondit :


« Je tenterai de vous relater ce que j'ai vu au cours de ma vie durant notre repas. »

Elle fit signe à Barohir de la suivre, puis elle sortit de la chambre, et descendit les escaliers qui conduisaient au rez-de-chaussée du palais. Il y avait là cinq Enôrii qui s'inclinèrent en les voyant s'approcher. Cassandre inclina la tête puis leur demanda dans sa langue natale d'apporter de quoi se sustenter, en prenant en considération que l'être humain à ses côtés ne se nourrissait bien évidemment pas de sang. Ils s'inclinèrent une nouvelle fois, puis s'affairèrent. Ils apportèrent une coupe faite d'or et de pierres précieuses à Cassandre, et quelques minutes plus tard, apportèrent une pièce de viande de cerf accompagnée de légumes et de fruits au Seigneur Barohir, ainsi qu'une coupe similaire à la princesse, dans laquelle se trouvait du jus de divers fruits. Cassandre l'incita à s'asseoir à ses côtés et attendit que les Enôrii -qui s'inclinèrent une nouvelle fois- ne soient partis avant de parler. Elle fit onduler le liquide épais d'un rouge sombre dans sa coupe et en but une gorgée avant de prendre la parole :

« Seigneur Barohir, d'après vous, quel âge puis-je avoir, aujourd'hui ? Essayez de deviner. »

Cassandre but une autre gorgée de sang en lançant un regard amusé à Barohir. Si ce dernier avait été un Enôrii, il aurait compté parmi les adolescents pour le Peuple de la Lune avec l'âge qu'il devait avoir. La princesse était d'humeur aux devinettes, n'ayant déjà plus la lueur affamée dans son regard lorsqu'elle croisait celui du seigneur de Delenör. Elle était par conséquent beaucoup plus à l'aise avec celui-ci.

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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Sam 12 Nov - 18:06

Barohir garda de côté le sceau de Feanor, mais se demanda s'il vallait mieux éviter de l'utiliser. Personne ne devait savoir que Barohir était ici par sécurité. Il laissa tout de côté dans la chambre, y compris le manteau poussiéreux qu'il avait gardé sur lui. Puis il suivi Cassandre dans la salle de repas, une belle salle richement décorée, des feuilles d'or ornaient les murs représentant des scènes de vie quotidienne des Enorii. Puis, alors qu'il s'installa il reprit :

- Visiter cette cité serait un honneur, et je serai fou de refuser d'approcher le lac Quêlnos en votre compagnie.

Il s'installa en face de l'Enorii sur la grande table qui parcourait la salle, et eu un regard amusé à la question de l'Enorii.

- Quelle question... Ma foi je n'en ai aucune idée. Si vous étiez délénienne j'aurai juré qu'on avait le même âge. Je sais que les Enorii ont une durée de vie incroyable mais j'avoue ne pas avoir la moindre idée. Vous savez, être un humain implique que nous avons que trop peu de temps pour savourer les plus belles choses dans un monde pour lequel il faudrait une éternité pour en explorer les recoins.

Il gouta le jus de fruit qu'avaient apporté les Enorii, jus qu'il trouva délicieux. Ironiquement, il se demandait comment les Enorii savaient si bien cuisiner alors qu'ils ne se nourrissaient de sang la plupart du temps. Ah, se dit Barohir, s'ils connaissaient le plaisir et la douceur du vin, la chaleur enivrante de l'absinthe, aphrodisiaque des hommes...

- Sincèrement j'en ai aucune idée. Je sais que vous comptez des siècles, et pourtant, vous êtes si jeune, si ...

Puis il s'arrêta, gêné, un sourire en coin.

- 500 ans ? Je dis ça au hasard je dois l'avouer. Par Sylmenas je me sens si petit... Allez dites moi. Il éclata de rire.

Puis il reprit plus sérieusement.


- J'ai entendu parler de cette fierté dont les Enorii font preuve à l'égard de leur sang. Pourtant, ça n'a pas empêché le métissage avec les humains de se faire... Quel est votre point de vue sur la question ? Enfin... Je ne veux pas le point de vue officielle de la Princesse, mais VOTRE point de vue.

Il accentua volontairement ces mots. Il mangea un morceau de viande qu'il trouva juteuse, et excellente. Du jeune cerf, le meilleur et le plus tendre.

- Le plus gros défaut des politiciens est qu'ils oublient leur part d'humanité, pour ainsi dire. Devons nous renoncer à ce que dit notre coeur pour ce que dit notre conscience ? ça serait s'empêcher de vivre. Votre frêre le Prince est un fou aux yeux de votre peuple, moi je dirai qu'il refuse de s'enfermer et se conditionner.

Il n'était pas de convenance qu'un Seigneur s'exprime ainsi, et Barohir le savait. Mais il y avait toujours eu au fond de Barohir cet conscience qui lui disait qu'un bon Roi était un roi "humain" et non un roi artificielle, reniant sa part d'humanité au profit de lois et de la bienséance.
Un Roi au coeur pur et léger était toujours plus efficace qu'un Roi faux et superficiel. Il s'installa plus confortablement dans son fauteuil, croisa les jambes, son verre à la main, et reposait la question à la Princesse Enorii, la fixant du regard.


- Alors dites moi, que feriez vous si vous vous trouviez dans une telle situation ?
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 24 Nov - 22:35


Cassandre croisa ses jambes en reprenant une autre gorgée de l'épais liquide de sa coupe, tandis que Barohir lui adressait un regard amusé. En effet, sa question était si soudaine qu'elle en était surprenante.

« Vous vivez certes moins longtemps que nous, cependant vous appréciez les choses de la vie d'une façon beaucoup plus intense, je me trompe ? » rétorqua la princesse en reposant sa coupe.

Le seigneur de Delenör s'était arrêté en plein milieu de sa phrase, et eût un sourire en coin qui attisa la curiosité de la Dame Ombrelune. On eût dit un enfant des plus attendrissants, bien qu'il s'agisse d'un roi. Il tenta néanmoins d'entrer dans son jeu et donna son estimation. Cassandre sourit puis répondit :


« Vous n'en n'êtes guère éloigné. J'ai passé mes sept cent cinquante-cinq printemps, le 18 Arkhas dernier. Même aux yeux de mon peuple, je suis encore jeune. Le dernier Enôrii décédé est parti à l'âge de trois mille neuf cent quatre vingt-treize ans, il y a quelques mois. Mais il y a eu des Enôrii qui ont atteint un âge plus avancé encore, bien que cela soit peu courant. »

Puis la discussion se fit plus sérieuse et concerna la pureté de la race Enôrii. Barohir sembla perplexe à ce sujet, puisqu'il mentionna les métissages qui se faisaient de temps à autre entre le Peuple de la Lune et les autres espèces. La cruauté dont faisaient preuve les Enôrii à l'égard des métis était sans égal. Afin de ne pas baisser dans l'estime de ses semblables, Cassandre devait porter un masque, celui du dégoût vis-à-vis des unions « impures ». Elle soupira et haussa les épaules :

« Mon point de vue ne changera pas grand chose à une mentalité qui perdure depuis des temps immémoriaux, je le crains. J'ai du respect pour les humains, tous ne sont pas mauvais ou cupides. Il y a de bonnes personnes, vous en êtes la preuve vivante, et je comprend que certains de mes semblables aient éprouvé de l'amour pour les vôtres, car vous n'êtes pas dénué de beauté et vous possédez un esprit vif. »

Cassandre l'observa intensément. Elle savait au fond d'elle qu'il avait raison. Mais la sentence pour les traîtres qui se laissaient charmer par de simples mortels était sans équivoque. Si l'Enôrii donnait une descendance métissée, le châtiment encouru était la mort, et de la plus horrible façon. Ils étaient soumis au « Jugement des Drëkhass », se faisant dévorer vivant par ces monstrueuses créatures, avides de chair fraîche. Cette pensée donna un frisson désagréable à Cassandre qui ferma les yeux et reprit du sang. Puis Barohir lui posa une question à laquelle il était difficile de répondre. Elle hésita longuement. Cassandre était quelqu'un qui pensait plutôt avec son esprit qu'avec son cœur, en règle générale, et de façon à ce que cela soit pour le bien de son peuple. Mais une union royale entre Cassandre et un humain pourrait donner un résultat ou catastrophique, ou conduire à une libération pour les Enôrii dont le cœur balançait vers les autres espèces.

« Si je tombais sous le charme d'un humain... Je crois que je serais déchirée entre mon cœur et mon devoir vis-à-vis de mon peuple. Toutefois...Si une union entre l'héritière de Fëanör et un humain aboutissait...cela pourrait conduire à une révolte de mon peuple. Cependant, les mentalités pourraient changer, avec le temps...beaucoup de temps, je le crains. Je pourrais également quitter Fëanör, mais je ne pourrais jamais y revenir, hélas ! Si une telle chose se produisait. Je ne crois pas que mes parents seraient capables de me jeter en pâture aux Drëkhass, mais le peuple le pourrait je pense... C'est pourquoi il faudrait que les choses se fassent progressivement, en douceur, pour que les Enôrii acceptent d'être gouvernés à la fois par une Enôrii, mais aussi par un humain. Et ce ne serait pas chose aisée. » finit par répondre Cassandre.

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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 8 Déc - 18:37

Extrait du journal personnel de Barohir, daté du même jour :

Quiconque m'aurait dit un jour que je savourerai un repas digne des dieux en présence d'une créature dont les charmes possèdent un secret encore inconnu des êtres humains, serait passé pour fou à mes yeux. Mais aujourd'hui je peux dire que ce fut réel. J'ai goûté à des mets exquis, en présence de Cassandre Ombrelune, héritière du trône de Feanor. J'eu peine à soutenir son regard. Par les dieux on croirait voir un adolescent se laisser aller à sa naïveté. Je dois me ressaisir, nous avons une mission qui nous attend.

Nous quittâmes la salle d'où nous avons.... je veux dire, d'où j'ai dîné, une salle resplendissante d'ailleurs, afin de faire un tour et savourer les charmes du royaume Enorii. La Princesse de Feanor m'avait proposé de voir le lac sacré, chose qui jusqu'ici est impossible pour tout autre humain. Je tâcherai de taire ce que j'y verrai, par simple respect pour les traditions de ce peuple millénaire.

Pour une raison que j'ignore, nous en sommes venu à discuter le sujet sensible du métissage humain/enorii. N'importe quel Enorii devrait subir la mort la plus violente qui soit s'il était amené à s'adonner aux plaisirs de la chair avec n'importe quel humain. Quelle tristesse. Mais qu'en est-il d'un mariage royal ? Mon Cher Barohir, tu devrais te reprendre.

Mais la question qui s'était posée était : et si cela pouvait faire évoluer les mentalités ? Je n'ose imaginer ce que pourrait produire une telle alliance entre humains et enorii. Non, je ne dois pas y penser. L'être humain est mauvais dans sa nature, et il ne faudrait pas qu'un tel métissage soit pratique courante, mais après tout, si cela donnait lieu à une nouvelle espèce, plus forte, plus en paix avec le monde ? Si cela pouvait permettre à l'humain de devenir bon ?

Tant de questions et si peu de réponses. Je crois que le charme de la Princesse n'aie un effet sur moi que je n'aurais jamais imaginé. Je dois me reprendre.






Barohir finissait en silence son repas, écoutant les paroles de Cassandre, dont la teinte semblait emprunte d'une étrange mélancolie, malgré la violence du sujet sur lequel elles portaient. Il soutint le regard de l'Enorii le temps de finir son verre.


- Je crains qu'il ne soit nécessaire que nous partions dès l'aube demain. La route est longue, et j'ignore dans combien de temps les sorcières des ombres verront que j'ai quitté mon royaume. Et si nous faisions un tour ? Histoire de pouvoir se raconter des choses disons... plus positives?

Il se mit à rire. Ensemble, ils quittèrent la grande salle où ils avaient dîné, enfin c'était un grand mot, Cassandre ne s'étant contenté que d'un verre dont Barohir préférait taire le contenu.

-Je serai ravi de reprendre cette discussion avec vous lorsque nous aurons l'esprit reposé. Serait-il possible que nous allions aux écuries ? J'aimerai atteler mon Pégase, je crains qu'il n'attende un signe de moi.

Ils redescendirent du palais, et se dirigèrent vers un bâtiment qui semblait avoir été construit dans les racines de l'arbre même. Impressionnant, se dit Barohir, de voir que l'arbre tout entier servait de structure au palais royal et à toutes ses composantes.
Arrivés à l'entrée du bâtiment, Barohir leva la tète vers le ciel, ou du moins ce qu'on en voyait à travers les épaisses branches des arbres de Feanor, puis siffla longuement, deux fois. Koïl, le Pégase, apparu alors volant entre les arbres. Le Pégase ne semblait pas éveiller davantage la curiosité des gardes.


- Je crois que votre père le roi a prévenu la garde de ma présence. Koïl ne se serait jamais manifesté si savait qu'il ne le pouvait pas. Les pégases sont d'une intelligence incroyable. Je crains que vos chevaux ne fassent pas le poids. dit-il, le sourire aux lèvres.

Puis il confia son Pégase à un écuyer, et se tourna vers Cassandre.


- J'espère que vous excuserez mon impatience mais... si nous marchions un peu ?
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Sam 31 Déc - 16:21


Cassandre toisa Barohir de son regard saphir, et termina le sang de cerf que contenait sa coupe richement forgée. Elle attendit que le Seigneur delenien eût terminé son repas, après quoi, elle se redressa. Elle acquiesça suite à la proposition de l'humain et l'invita à la suivre hors de la salle. Dévoilant ses canines en un sourire, elle répondit :


« Je vous avais promis le tour de la Cité de la Lune et de ses environs, je vais donc vous faire visiter comme je vous l'avais annoncé. Suivez-moi, je vous prie, si vous désirez aller aux premiers abords aux écuries, je vous y conduirai. Mais avant tout, je vais mettre quelque chose de plus adéquat. »


Elle se déplaça avec grâce, Barohir à ses côtés, tandis que les serviteurs se dépêchaient d'enlever les restes et les couverts se trouvant sur la table en bois massif. Elle se dirigea vers ses appartements et demanda au Seigneur de l'attendre derrière la porte. Elle enleva sa longue robe, dévoilant son corps d'albâtre dénudé aux courbes gracieuses et prit des vêtements dans un tiroir. Elle revêtit une jupe en cuir à franges de même matière, de couleur brune, une armure légère qui lui découvrait les épaules et offrait aux regards un décolleté généreux. Elle chaussa des bottes de cuir qui lui parvenaient jusque derrière les genoux, et des bracelets de force bruns, également, qui partaient des poignets pour arriver peu avant les coudes. Elle prit également ses fourreaux dans lesquels étaient glissés ses skêlz, qu'elle disposa dans son dos. Enfin, elle prit un long manteau à capuchon noir qu'elle mit par-dessus le tout et qui lui descendait jusqu'aux mollets, et signala à Barohir qu'elle était prête.Ils descendirent les escaliers en colimaçon et marchèrent un moment sur l'herbe fraîche de Fëanör. Le seigneur de Delenör leva la tête au ciel, par deux fois il siffla longuement. À ce son, les oreilles effilées de l'Enôrii se redressèrent. Peu après, un hennissement d'une grande pureté se fit entendre, et avec lui, un bruissement d'ailes qui devaient appartenir à un animal de grande taille. Lorsqu'il se posa sur le sol avec une grâce comme Cassandre n'en avait que rarement vu au cours de sa vie, ses yeux étincelèrent d'admiration devant tant de beauté de la part d'un tel animal.

Il avait tout du cheval, hormis ses énormes ailes d'un blanc argenté, comme le reste de son corps, et il se dirigea vers son maître d'un pas leste et noble. Il s'agissait de l'un des fameux Pégases, que l'on n'élevait que dans le Delenör, élevage qui avait contribué à la réputation du royaume au fil des siècles. Il était véritablement magnifique et lorsqu'il porta son regard vif et intelligent sur Cassandre Ombrelune, celle-ci esquissa un sourire.


« Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas eu le plaisir d'en revoir... Cela date du temps de mon initiation avec mon ancien mentor, avec lequel j'ai suivi ma formation d'aède à Delenör, le royaume des artistes en tout genres et à mes yeux, le royaume humain le plus magnifique que j'ai jamais vu. J'aimerais tant pouvoir y revenir un jour... »

Elle lui parla alors dans la langue Enôrii, attirant son attention et leva avec douceur une main longue et pâle, la posant sur son encolure. Elle ne put s'empêcher d'enfouir ses doigts dans l'épaisse crinière de l'étalon. Elle interpela ensuite un écuyer qui passait par là.

« Conduisez cette merveille des Dieux à l'écurie, et donnez-lui de quoi se repaître et étancher sa soif. »
« Bien, Majesté. » répondit-il en inclinant la tête.

Le Seigneur de Delenör confia la bride de son Pégase à l'écuyer qui le prit avec lui et l'emmenait aux écuries. Barohir pensait que le roi Arthax avait prévenu la garde de sa venue, ce qui expliquait que Koil, le Pégase, ait daigné se montrer au grand jour. Barohir ajouta quelque chose qui fit éclater de rire la princesse :


« Mon frère a le don de se retrouver systématiquement avec un cheval qui n'en fait qu'à sa tête. Est-il stupide ou le fait-il exprès -le cheval-, je n'en sais rien, toujours est-il qu'à chaque fois qu'il y a un mauvais élément, dirons-nous, dans nos élevages, Eldakhar se retrouve avec lui. Ou alors il n'est pas doué avec les chevaux, ce qui est possible aussi. Fort heureusement, je n'ai pas cette difficulté avec Sheïtan, l'étalon que j'ai dompté. Il est assez obéissant. Mais pour avoir vu des Pégases durant mon initiation, j'avoue que ce sont les équidés les plus intelligents que j'ai pu voir jusqu'à ce jour. Et ils sont d'une grande loyauté envers leur maître, également. »

Barohir demanda à marcher un peu. La princesse lui fit signe de la suivre et elle emprunta le chemin qui menait hors de l'enceinte d'Enáwen. Ils marchèrent durant une quinzaine de minutes, puis Cassandre pivota sur sa droite, s'enfonçant dans les arbres, avant de déboucher sur une clairière, au milieu de laquelle se situait un temple. Ses cinq hautes colonnes ondulées étaient d'un blanc étincelant, tandis que les toitures étaient d'un bleu noble. À l'entrée, situées de chaque côté des premières marches, étaient construites deux statues représentant la déesse Quêliniel, tenant une jarre et versant de l'eau dans la fontaine. Cette eau qui coulait sans interruption alors qu'il n'y avait pas de ruisseau, était un enchantement dans le but que les flots coulent toujours en continu. Cassandre s'arrêta au niveau des statues et fit signe à Barohir.

« Je vous présente le Temple de la Lune, notre lieu de culte à la déesse Quêliniel, notre mère à nous tous, les Enôrii. C'est elle qui nous a créés et qui nous protègent. Pour la remercier, nous lui avons bâti ce temple il y a des millénaires. Lorsque on a été envahis, il a été partiellement détruit et on a dû le reconstruire. Si vous avez de bons yeux, vous pouvez encore voir de légères fissures au niveau des deux colonnes sur la gauche, que nous n'avons pas réussi à réparer correctement. »

Elle monta les marches et se trouva dans l'enceinte du temple. Le sol était fait de pierres blanches et polies, et des fontaines, des statues, des sculptures représentant la lune étaient disposées çà-et-là dans lieu de culte. L'intérieur comportait également des colonnes de même facture que celles que Cassandre avait montré à Barohir et tout au fond, un grand fauteuil de marbre finement ouvragé et dans lequel une statue de Quêliniel était sculptée, devait accueillir la Déesse lorsqu'elle désirait se rendre à son temple. À ses pieds se trouvait une grande table basse et rectangulaire, avec un chandelier représentant les trois aspects de la Déesse, comme sur le sceau de Fëanör, des coupes remplies de fruits scintillants, des lames bénies dans les eaux du lac des Larmes de Quêliniel, des bijoux de toutes sortes, etc.

Cassandre observa un moment l'être humain regarder ce qui l'entourait, avec un petit sourire. Être seigneur et allié des Enôrii signifiait avoir beaucoup de privilèges que les autres espèces n'avaient pas, comme par exemple pouvoir admirer en toute sérénité et sans crainte d'être mis à mort la beauté et la noblesse du Temple, l'éclatante Cité de la Lune, et ressentir les étranges énergies magiques qui s'émanaient des eaux du Lac Quêlnòs. Ils restèrent un moment là, et Cassandre s'agenouilla devant la statue de Quêliniel et ferma les yeux pour la prier, chuchotant dans sa langue de manière presque inaudible. Elle rouvrit les yeux et fixa son regard perçant sur la tête de la statue de Quêliniel, laquelle, malgré son immobilité, avait un regard doux et bienveillant. Entre ses deux yeux, une pierre d'un noir intense était incrustée, scintillant d'une lueur étrange et surnaturelle. Cassandre contempla la pierre un moment, avant de se relever brusquement.


« Partons, à présent. Je voudrais vous montrer autre chose » dit-elle à Barohir.

Jetant un dernier regard à la pierre noire, elle tourna les talons et sortit du temple pour emprunter le chemin d'en face. Elle s'arrêta un moment pour enlever son manteau, dévoilant sa tenue de combat, ses skêlz fixés dans son dos en cas de danger. Car ils commençaient à s'éloigner progressivement de la cité Enôrii, et les sentinelles se faisaient plus rares dans le coin. En effet, ils se rendaient au lac Quêlnòs et la mésaventure survenue lorsqu'elle s'y était rendue avec Arya Lÿrargent n'avait fait qu'accroître sa méfiance. À présent, elle prenait donc ses précautions.

Le vieux Chêne Éternel plongeait ses racines dans les eaux du lac, lesquelles luisaient d'une lueur bleutée et argentée. Un bourdonnement étrange s'en émanait, mais dont les énergies pures apaisaient le cœur et allégeaient l'âme. Cassandre s'y assit et invita Barohir à faire de même. Ils gardèrent un moment le silence, puis Cassandre reprit la parole.


« Seigneur Barohir...Je présume que si vous connaissez notre culture, ou du moins une partie, vous devez être au fait des rumeurs sur les étonnantes propriétés de cette eau ? Voulez-vous que je vous raconte sa légende ? »

Cassandre plongea sa main dans l'eau fraîche du lac pour y recueillir de l'eau dans son creux, et la porta à sa bouche. Elle était d'une grande fraîcheur et douce à la fois. Elle reporta son regard sur Barohir et poursuivit :

« À la création du monde, la Déesse Quêliniel, émue en voyant sa fille dans ses bras, versa de douces larmes de joie, d'une splendide couleur argentée, qui tombèrent sur son cœur. Cela créa un lac, et ceux que l'on nomme les Premiers-Nés, les premiers Enôrii que Quêliniel créa, s'abreuvèrent de cette eau. L'eau leur permit de rester jeune, et aussi les gratifia d'une longue vie qui dura des millénaires. Aucune autre race n'est autorisée à boire de cette eau, ni même à en approcher. Mais une Sorcière des Brumes est parvenue à recueillir un échantillon de cette eau, et cela fit un scandale dans tout Fëanör. L'humaine s'en est sortie indemne et à environ quarante ans, elle était aussi fringuante et jeune qu'elle l'était à ses vingt ans. Aucune ride n'est venu souiller son visage. Cependant, vous êtes un grand homme, Barohir, fier et droit. Nous ne sommes pas si différents l'un de l'autre, au fond. Nous nous battons pour les mêmes choses et tentons d'améliorer notre monde. Et je voudrais vous faire cet honneur... » finit-elle par murmurer, son visage à quelques centimètres à peine du Seigneur de Delenör.

Elle plongea une nouvelle fois sa main dans l'eau, et la rapprocha des lèvres de Barohir, pour lui faire boire l'eau sacrée du Lac Quêlnòs. Elle plongea son regard saphir dans celui de l'être humain et esquissa un sourire bienveillant à son encontre. Elle ignorait quel effet les Larmes de Quêliniel auraient sur un être humain, mais elle attendait la réaction et les commentaires du Seigneur afin de le savoir...
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Barohir Kordaskyan
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Lun 2 Jan - 23:00

Ils étaient assis tous les deux là, aux pieds du Grand Chêne, quand Barohir se retrouvait alors tout proche de la Princesse Enorii, qui lui avait alors offert de gouter à l’eau du Lac Sacré…

Cette journée avait été fort intéressante pour le Seigneur du Delenor qui avait foulé de son pas humain des terres qui était interdites aux autres humains. Le temple dédié à la Déesse Quêliniel était emprunt d’une atmosphère particulière, on s’y sentait bien, comme si la Déesse elle-même vous berçait et vous protégeait contre le monde extérieur. La pierre noire, incrustée entre les yeux de la Déesse, attirait plus que tout le reste le regard de Barohir. D’où venait-elle, se disait-il, d’un autre endroit que celui-ci ? D’un autre univers ? Et si les Dieux eux-mêmes l’avait ramenée des cieux ? Voilà un trésor inestimable, je comprends pourquoi les Enorii gardent ces lieux secrets. Et si cette pierre était la pierre d’un dragon ? cette pensée idiote mit une fin aux questions que se posait le Delenien.

Perdu dans ses pensées et dans l’admiration du temple, il remarqua que Cassandre s’était mise à prier. Barohir n’entendit rien de ce qu’elle disait dans sa prière, mais il lui semblait que la pierre incrustée sur le visage de la statue brillait davantage. Il observa également l’Enorii qui d’un coup lui semblait différente. En dépit de la noblesse de ses habits, de la sérénité dont elle faisait preuve depuis le début de la soirée, la voir ici, à genoux, priant, donnait à Barohir le sentiment que la princesse était tout aussi craintive que lui de ce que l’avenir pourrait apporter. Une faiblesse enfouie au plus profond de l’âme qui ne se manifestait que rarement. Elle se releva puis guida Barohir en direction du lac.
Après lui avoir conté l’histoire de la Déesse Quêliniel et la création du Lac Sacré, la Princesse offrit à Barohir le plus honorifique des présents, boire l’eau du lac Sacré. Elle se tenait là, assise, tout près de lui, et en l’espace de quelques secondes qui parurent une éternité pour le Seigneur du Delenor, tout un tas de pensées vinrent à son esprit, le faisant oublier qu’il avait la possibilité de réaliser son rêve le plus cher. Voici les quelques lignes retrouvées dans son journal à ce propos (il n’indique nulle part la direction du lac) :
« Toute ma vie j’en ai rêvé, gouter les eaux du lac. Bien entendu, ça n’est pas de l’envie ou de la convoitise, comme n’importe quel humain l’aurait pensé, mais comme un besoin vital de se rapprocher davantage du peuple Enorii. Pourtant, je sentais que le désir de boire cette eau était fort, et j’ignorais si je devais la boire et faire honneur à la Princesse Enorii, ou si je devais décliner son offre, et rester dans l’ignorance. Elle se tenait là, en face de moi et mon cœur était la proie d’une lutte entre le besoin de céder à la tentation, et un sens maladif du devoir qui me forçait à me montrer raisonnable. Mais j’étais surement le seul humain à jamais avoir reçu un tel présent, et pour rien au monde je n’aurai manqué de respect à Cassandre. »


- Un tel privilège, reçu des mains de la Princesse Enorii elle-même, est-ce un rêve ? demanda Barohir.

Il prit les mains de Cassandre. La douceur de sa peau était incroyable, bien que ses mains fussent plus froides que celle d’un humain. Barohir les porta à ses lèvres et avala l’eau du Lac, tout en soutenant le regard de Cassandre. Son parfum semblait différent des eaux normales, plus subtile, plus complexe, mais semblait plus douce que celle que l’on avait l’habitude de boire au Delenor, de la simple eau de montagnes. Après avoir bu l’eau du Lac, il ne lâcha pas les mains de l’Enorii. Au début il ne se passait rien.

- Je crois bien qu’après un tel privilège, je sois le plus heureux des hommes, dit-il dans un léger sourire.
Puis subitement, son corps fut parcouru d’un étrange frisson, plutôt désagréable. Barohir fronça les sourcils et ferma les yeux. Tout dans son corps semblait réagir à cette eau aux pouvoirs étranges. Il toussa, une fois ou deux, puis le frisson disparu. Barohir sentait une vague de chaleur envahir son corps, puis il ouvrit les yeux.


Tout autour de lui paraissait plus clair. La lueur de la lune semblait aussi puissante que celle du soleil, chaque détail jusque là imperceptible devenait visible, la moindre lueur, le moindre reflet, le moindre brun d’herbe ou la moindre goutte d’eau qui reflétait les rayons lunaires à plusieurs dizaines de mètres semblait perceptible. Chaque son, chaque murmure, devenait pour Barohir aussi audible que le plus puissant des orchestres et aussi mélodieux que la plus envoûtante des symphonies. Alors qu’il tenait toujours entre ses mains celles de Cassandre, il pouvait sentir le moindre battement de son cœur, et il lui semblait qu’en regardant dans les yeux de l’Enorii il était capable de percevoir chacune de ses émotions. En bref, chaque sens de Barohir semblait décuplé. Il se sentait également plus fort, plus vivant que jamais, à croire que cette eau avait le pouvoir de guérir de tous les maux.

- C’est incroyable… Je ne me suis jamais senti aussi bien ! Par tous les Dieux, entendez-vous ? Nous sommes loin de la cité et pourtant j’entends tout comme si nous y étions. Impressionnant… Je peux sentir la vie dans chaque plantes, et tous ces animaux qui peuplent la forêt. Et vous, à la lueur de la lune vous semblez encore plus jeune et plus belle qu’il m’était donné de voir à travers mes yeux de simple mortel…

Ce que Barohir ressentait à cet instant précis était indescriptible. Peut être un mélange de surprise, d’euphorie et de confiance, qui laissait place aux craintes et aux peurs qu’il avait eu en foulant de son pas le royaume des Enorii plus tôt dans la soirée . De plus, les marques du temps qui avait commencé à apparaître sur le visage de Barohir avait également disparus.


- Vous avez ma parole que je saurai taire l’emplacement de ce lieu magique. Je vous suis infiniment reconnaissant pour m’avoir fait un tel honneur. Vous aviez raison je crois, de dire que quelque part nous ne sommes pas si différents vous et moi. J’ai l’impression de sentir votre cœur, de sentir chaque mouvement dans votre corps comme dans n’importe quel élément… Incroyable. Les effets de cette eau sont-ils permanents ? Le monde a l’air si différent tout à coup, et nettement plus beau. Oui, j’avais eu vent des propriétés des eaux du lac, mais j’ignorais que ces rumeurs étaient autant fondées. L’être humain par nature, a tendance à qualifier de « Magique » tout ce qu’il est incapable de comprendre, ou tout ce que son aveuglement lui empêche de voir. Mais là, je me rends compte que c’était réel.

Puis il restait assit en face de Cassandre, à tenir ses mains et à l’observer dans les yeux, avant de réaliser qu’ils étaient assis là depuis un long moment déjà. Il lâcha doucement les mains de la Princesse et ils se levèrent. Barohir reprit son arc qu’il avait déposé par terre, et tous deux se remirent en marche en direction de la cité Enorii. Sur le chemin, il reprit la parole.

- Vous disiez vouloir revenir au Delenor ? dit-il dans un sourire. Sachez que vous êtes mon invitée, et que j’aimerai plus que tout pouvoir vous recevoir en mes terres. Vous avez connu mon royaume jadis, bien avant ma naissance je le sais, mais j’aimerai vous faire ce cadeau. Vous serez au Delenor plus vite que vous ne le croyez.

Ils étaient revenus dans la cité Royale Enorii, sans avoir rencontré le moindre problème sur la route du retour. Ils montèrent en direction des chambres, et s’arrêtèrent devant la porte qui conduisait aux appartements de Cassandre.

- Je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous m’avez offert… Nous devrions partir demain, si vous et votre père y consentez.

Il prit la main de Cassandre qu’il baisa, puis se dirigea dans la chambre voisine, celle du frère de l’Enorii, pour s’y reposer avant le voyage qui les attendait. Il entendit la princesse retourner dans ses appartements, et vaquer à ses occupations, comme s’il se trouvait dans la même pièce que lui. Les effets de l’eau du lac Sacré étaient probablement permanents. Nous verrons cela demain, se dit-il, alors qu’il pensait faire un tour avec Koïl afin de se dégourdir les jambes, et mettre à l’épreuve cette force nouvellement acquise. Il prit son journal, et commençait à écrire toutes ces choses qu’il avait vécues ce soir même, à décrire les effets qu’avaient eu sur lui l’eau sacré, et l’hésitation qui avait bien failli le faire renoncer à un tel privilège. Puis il nota les mots suivants sur le journal, en les chuchotant au fur et à mesure qu’il écrivait :

« Si, de toutes les choses que je dois vivre, celle-ci est la plus belle, alors je suis le plus accompli de tous les hommes, de tous les rois. Toi qui lis ces lignes, ne crois pas que je succombe à l’orgueil le plus primaire, propre aux hommes de mon rang, mais je ne fais que laisser une trace de ce que cette journée aura été dans ma vie. La famille Royale Enorii est accueillante, et contrairement aux craintes formulées par la plupart de ceux de notre espèce, leur mode de vie est si subtile que nous ne savons pas en saisir la fibre, et c’est cette chose inconnue qui nous effraie et nous attire chez eux. Leurs croyances, leur façon de voir le monde, est si poétique, si belle, que c’est une insulte que de ne pas s’y intéresser. Je comprends mieux pourquoi mon Oncle le Roi m’avait toujours dis de traiter les Enorii comme nos amis les plus précieux. Mais je crois ces moments passés en présence de la Princesse elle-même m’auront changé à jamais. Bien que mon âme et mon corps soient entièrement dévoués au Delenor, j’ai bien peur que mon cœur lui, ne se trouve à présent en ces lieux, et que depuis l’instant où j’ai pu boire cette eau, je ne me sois lié de façon permanente pour ainsi dire à ce peuple. Je dois me reposer, mais je n’ai pas sommeil. Je peux percevoir le monde bien au-delà des apparences, comme si cette eau m’avait rendu omniscient. Bien entendu j’exagère, mais dans notre vocabulaire il n’existe aucune expression qui permet de décrire se sentiment de ne faire qu’un avec la nature. La symbiose peut être ? Je quitterai ces lieux le cœur plein de tristesse. Il me tarde de pouvoir partager du temps sur mes terres avec la Princesse Enorii. Nous pourrions l’espace d’un moment, oublier les troubles de ce monde menacé par les guerres et les morts à venir… »
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Cassandre Ombrelune
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Mer 4 Jan - 18:01

Le sourire de la princesse s'élargit en voyant le seigneur delenien s'abreuver à même sa main de l'eau sacrée du Lac Quêlnós. Elle n'avait encore jamais vu l'effet que pouvait produire une telle chose sur un être humain ordinaire. Les Premiers-Nés burent l'eau de ce lac, et il en résulta qu'ils furent bénis d'une longue vie et d'une jeunesse éternelle, en plus de leurs sens naturellement supérieurement aiguisés et de leur rapidité peu commune. Cassandre avait entendu dire que la Matriarche des Sorcières des Brumes avait, vingt ans après avoir dérobé un échantillon de cette eau, le même visage qu'à vingt ans. Serait-elle elle aussi bénie d'une longue vie ? Cassandre l'ignorait, mais elle était curieuse de savoir ce qu'il en adviendrait pour Barohir. Peut-être leur lien s'approfondirait-il davantage...qui sait ? Après avoir bu, il garda dans ses mains celles de Cassandre, qui appréciait ce contact. Elle n'avait jamais touché d'humain et bien que les siennes soient plus rudes que ses fines mains habituées à l'art, la chaleur et le calme qui s'en dégageaient n'en étaient point désagréables. Elle était heureuse de lui avoir fait ce présent et son enthousiasme la faisait sourire. Il était aussi bon et doux que le soleil qui était un baume pour le cœur.

Les deux astres lunaires s'étaient levés, et la peau de l'Enôrii commençait à scintiller légèrement, à l'image des cristaux qui étaient incrustés dans les arbres et les habitations d'Enáwen. Lorsque les deux sœurs apparaissaient dans le ciel, la peau du Peuple de la Lune reflétait légèrement ses rayons et leur donnait une aura encore plus mystérieuse qu'à l'accoutumée. Cassandre haussa un sourcil en voyant que Barohir frissonnait. Il ne faisait guère froid pourtant... Elle commençait à mettre son propre manteau sur les épaules de l'humain mais elle s'arrêta en observant ce qu'il se passait. Un effet de l'eau, probablement ? Lorsqu'il rouvrit les yeux, elle sentit qu'à présent, il était un homme différent.


« Barohir... ? » murmura-t-elle.

Elle n'eût pas le temps d'en dire davantage, puisque le seigneur lui fit part de ses impressions quant aux effets ressentis. Elle eût un petit rire devant sa réaction. On eût dit qu'il s'agissait d'un enfant qui s'émerveillait devant un jouet nouvellement acquis. Elle fut soulagée de constater que l'eau avait eu des effets positifs sur lui, non pas qu'elle en eût douté, mais le frisson qu'il avait eu l'avait quelque peu inquiétée.


« J'ignore si les effets de l'eau sont permanents, mais la sorcière qui en a but n'a pas changé physiquement depuis vingt ans. En tout cas, je suis heureuse que vous vous sentiez nouveau avec les Larmes de Quêliniel. Les marques de vieillesse que vous aviez ont disparues, à présent. Vous semblez plus jeune de dix ans. » lui dit-elle en souriant.

Ils restèrent assis là un long moment encore, s'observant mutuellement. Barohir lui dit qu'il entendait battre son cœur, et sentait la vie animer les plantes et la faune de la forêt, et les Enôrii dans la Cité de la Lune. Cassandre sourit et hocha la tête.

« C'est le monde tel que nous le voyons. Je pense qu'à présent, vous devez penser que vous étiez aveugle auparavant. J'ignore si votre vision est aussi aiguisée que la nôtre, à présent, mais elle doit certainement être supérieure à celle d'un humain, et il doit en être de même pour vos autres sens, surtout si vous pouvez entendre battre un cœur sans coller l'oreille contre. »

Barohir délaissa ses mains et tous deux se relevèrent après avoir ramassé leurs armes respectives. Cassandre prit la direction d'Enáwen, Barohir à ses côtés. Tous deux écoutaient le chuchotement du feuillage des arbres, et les bruits discrets des animaux de la forêt. Leur visage était illuminé par les rayons des deux lunes, et tandis qu'ils marchaient paisiblement, le seigneur du Delenör reprit la parole, mettant fin au silence. Suite à sa proposition de revenir dans le Delenör où elle serait bien accueillie, Cassandre hocha la tête avec un sourire :

« Cela me ferait grand plaisir, seigneur Barohir. Je rêve de revoir les hautes tours et les autres bâtiments si élégants et d'une finesse propre à Delenör. Revoir les élevages de Pégases, écouter les aèdes et jouer en leur compagnie. L'hospitalité des gens. Tout cela me manque, maintenant que j'y repense. Et j'espère que nous pourrons nous y rendre au plus vite, après avoir accompli notre mission. »


Enfin, ils finirent par arriver dans l'enceinte de la Cité de la Lune. De nuit, elle était vraiment magnifique, avec toutes ses lumières, sa douceur et sa beauté surnaturelle. Cassandre et Barohir remontèrent les marches du palais, et ce, jusqu'à parvenir aux appartements de la princesse de Fëanör. Celle-ci se retourna, gratifiant Barohir d'un sourire.


« Je vous en prie. Ce fut un honneur pour moi que de vous permettre de boire l'eau sacrée. Elle vous réussit bien, par ailleurs... Nous partirons demain dans la matinée. Veillez à préparer vos affaires pour demain, ce soir. Je ferai demander des vêtements chauds et des vivres pour le voyage. En attendant, je vous souhaite une bonne nuit. Elemn' heshû kárrtidûm Quêliniel, Barohir. »

Elle lui déposa un baiser sur la joue, puis après un dernier regard, elle referma la porte de sa chambre. En se déshabillant, elle relut une dernière fois la lettre que son père lui avait confiée. Elle eût une idée pour passer le rempart de Brumefer, le lendemain matin. Elle sourit, puis se glissa nue sous les draps, les rayons lunaires faisant luire sa peau d'albâtre.


[HJ : Fin du topic. Je posterai le prochain directement à Brumefer, Barohir.]
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 5 Jan - 13:18

[HRP : pas de problèmes, j'attends que tu ouvres le topic.]
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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   Jeu 12 Jan - 14:00

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MessageSujet: Re: La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]   

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La Prophétie des Brumes (3ème partie) [PV : le peuple Enorii et ses dirigeants ]
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